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28 août 2025

Documentaires: où sont les femmes ?

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A l’occasion d’une des dernières éditions du festival Sunny Side of the Doc qui se déroule chaque année en juin à La Rochelle, l’INA a présenté une étude sur la place des femmes dans les documentaires diffusés à la télévision.

Cette étude sur la parité porte sur les premières diffusions de documentaires de l’année 2021, sur les sept principales chaînes, de TF1 à Arte. Elle concerne près de 1000 œuvres. Elle s’intéresse à la parité femmes-hommes aux postes de réalisation, d’écriture et de narration. Synthèse en 4 points.

Les auteurs et réalisateurs hommes sont sur-représentés, en particulier aux heures de grande écoute

En effet, 70 % des réalisateurs de prime time et plus de 80 % des réalisateurs d’access prime time sont masculins. Ainsi, non seulement les femmes occupent moins de postes de création sur les documentaires diffusés, mais les documentaires qu’elles écrivent et réalisent sont moins vus.

Les sujets considérés comme les plus prestigieux, les plus sérieux sont en grande majorité confiés aux hommes

On observe de fortes disparités selon les thématiques. Comme le constatait déjà l’INA dans une étude publiée dans La Revue des médias sur la parole en période de Covid dans l’information télévisée, la parole d’autorité est très largement masculine.

Les sujets jugés plus importants ou plus techniques sont majoritairement confiés à des hommes. Ainsi, plus de 75 % des auteurs et réalisateurs des documentaires d’histoire sont des hommes. Les hommes réalisateurs sont également en majorité dans l’autre thématique reine du genre documentaire, les films de société. De leur côté, les femmes sont sur-représentées dans l’écriture et la réalisation de documentaires sur des sujets socialement vus comme plus féminins : les beaux-arts, la santé et la religion.

Les hommes dominent le temps de parole. Les femmes prêtent leur voix aux réalisations masculines

Les narrations des documentaires réalisées par des comédien(ne)s connaissent une répartition plus égalitaire entre femmes et hommes que pour la réalisation ou l’écriture. Ainsi les femmes assurent 4 postes sur 10 (contre 3 sur 10 pour les postes de création) dans l’échantillon. Cependant, les interprètes femmes sont plus souvent engagées spécifiquement sur ce poste de narration, alors que les hommes cumulent beaucoup plus fréquemment les fonctions de narrateur, auteur et réalisateur. Donc les femmes prêtent leur voix aux hommes pour des documentaires qu’elles n’ont ni écrits, ni réalisés.

Des résultats en cohérence avec l’étude de l’INA sur 20 ans de docs

A l’occasion de l’édition 2022 du FIPADOC (Festival International du Film Documentaire), l’INA s’était déjà intéressé à la place des femmes dans le documentaire sur le temps long, en étudiant au prisme du genre les postes de réalisation entre 2002 et 2022. Sur 20 ans, on constatait une légère amélioration, ce que confirme l’étude présente. En effet, les cinq dernières années montrent un taux croissant de postes de réalisation assurés par des femmes. 2020 et 2021 sont les deux meilleures années depuis 20 ans avec respectivement 30 % et 33 % de réalisatrices (25% en moyenne de 2002 à 2022). Donc si l’on note une amélioration de plus de 10 points en 20 ans, on peut néanmoins souligner que cette évolution reste très lente.

Source : ina.fr

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