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23 octobre 2018

Le boom renversant du livre audio

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Par Sabine Faraut
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Le livre audio pourrait bien être la nouvelle star du secteur de l’édition. « Entre 2016 et 2017, le chiffre d’affaires numérique des éditeurs de livres audio a grimpé de 40 % à 50 %, tandis que celui du livre audio matériel (CD…) restait stable, indique Valérie Lévy-Soussan, PDG d’Audiolib, filiale d’Hachette Livre et d’Albin Michel. Mais ces chiffres sont probablement sous-estimés puisqu’on ne dispose pas de ceux des audiobooks d’Audible d’Amazon. » D’ailleurs, un signe ne trompe pas : les grands acteurs du secteur se lancent dans la bagarre. Et Editis, deuxième groupe d’édition français a lancé il y a peu de temps sa propre marque de livre audio : « Lizzie ».

L’audiobook fanfaronne

Mais les éditeurs français ne sont pas seuls à s’activer. Les auteurs aussi ont pris les choses en main. Et plus particulièrement aux Etats-Unis, où le virage du livre audio, difficile au début des années 2000, s’accélère. Alors que les ventes d’e-books et que celles de livres papier demeurent fébriles, les audiobooks ont presque triplé leurs résultats ces cinq dernières années.

Du coup certains auteurs changent leur façon de voir. Par exemple, « Michael Lewis fait partie d’un groupe croissant d’auteurs les plus lus qui veulent « zapper » l’étape préalable de l’impression papier pour parvenir immédiatement à celle du livre audio, dans l’espoir de tirer parti de l’explosion de son marché », analyse « The New York Times ». « C’est le dernier signe que les livres audio ne sont plus un appendice de l’imprimé, mais un moyen créatif à part entière. »

La France n’en est pas encore là. Mais le marché rattrape son retard : « 18 % des Français ont déjà « lu » un livre audio, dont 7 % au cours des douze derniers mois, révèle une étude d’Ipsos. Et 11 % des Français ont acheté des livres audio au cours des douze derniers mois, que ce soit sous forme de CD ou sous une forme dématérialisée, via un smartphone, au même prix qu’un livre papier. »

Maintenant sur smartphone

Pour parvenir à ces résultats, il a fallu déjouer certains obstacles : « En termes de diffusion et de distribution, le livre audio était difficile à commercialiser à l’origine, explique Valérie Lévy-Soussan. Il a fallu attendre l’explosion et la démocratisation du smartphone à compter de 2010, puis l’accroissement des capacités de mémoire, pour que les consommateurs puissent accéder à une forme dématérialisée. »

Mais les performances de 2017 sont plus que prometteuses, offrant un formidable relais de croissance aux éditeurs. Pour preuve « En février, Google a lancé un audiobook store sur Google Play. Tandis qu’en avril, la Fnac et sa liseuse Kobo ont noué un partenariat avec Orange pour que les consommateurs puissent accéder à l’audiobook sur liseuse mais aussi sur smartphone », précise Valérie Lévy-Soussan.

Bref, un marché en plein boom. Grâce aussi à des comédien(ne)s voix qui portent les mots des auteurs avec brio et contribuent à faire gagner aux livres audio leurs lettres de noblesse.

Source : lesechos.fr

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