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23 mai 2019

Le théâtre selon Peter Brook

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Par Sabine Faraut
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A 94 ans, le metteur en scène Peter Brook s’apprête à proposer au public sa dernière pièce « Why », co-écrite avec Marie-Hélène Estienne, au théâtre des Bouffes du Nord, dès le 19 juin.
Pour le choix de ses projets il parle de la « curieuse intuition » ou plutôt « du pif » qui lui fait « sentir à certains moments » que « ce sujet-là a un sens aujourd’hui » jusqu’à ce que « subitement une forme apparaisse« .

A chaque projet, le metteur en scène explique qu’il se prépare pour être « un bon guide » et « faire partager une certaine direction » mais pas du tout pour imposer ses idées.
A la question de savoir comment il choisit ses comédiens, Peter Brook répond qu’il aime mélanger les comédiens professionnels et les non-professionnels aux « corps complètements libres et où l’imagination traverse les corps et s’exprime de mille manières souvent inattendues et géniales. »
 » Pour bien jouer du piano il faut maîtriser toutes les notes blanches et noires du clavier, alors le comédien doit avoir ça mais les pièges sont terribles. Le comédien doit savoir comme le musicien maîtriser une technique. Il doit avoir une relation avec toutes les parties de son organisme et avoir la possibilité de les dépasser. Le bon comédien professionnel est bloqué par tout ce qu’il sait faire mais c’est la même chose dans tous les domaines. Aller plus loin est très difficile.  »

Peter Brook s’est également interrogé sur la place du public dans le théâtre et après diverses expériences, il a finalement trouvé Les Bouffes du Nord pour ses dernières pièces.
Le théâtre en cercle des Bouffes du Nord répond justement à cette recherche de « communion« , comme une « expérience« , un « événement » qui se répète à chaque fois. « Même le théâtre grec, à l’origine, c’est une relation circulaire autour de la tragédie« .

« Au théâtre il y a toutes les séparations. Les comédiens arrivent séparés pour des raisons de trac, pour mille raisons et tous les publics, chacun arrive avec ses préoccupations. Donc il n’y a jamais ce qu’on appelle un public, le mot est complètement faux. Il y a des personnes qui font partie de ce qu’on appelle un public. Le but est que peu à peu par le sujet, par l’échange avec le public, la nourriture donnée, par un public qui devient plus attentif au comédien et le comédien le sent donc il rend mieux ce qu’il est en train de faire, parce qu’il sent cette chaleur qui vient dans les deux sens. Le moment où le public sent cela, le public commence à rentrer dans la même expérience jusqu’au moment, et c’est la chose la plus étonnante, le moment où subitement quelque chose sonne juste et tout à coup vous sentez toutes les personnes sur scène et les 500 ou 1000 personnes dans le public qui sont touchées exactement au même moment, donc il y a une unité et ce n’est plus du tout les spectateurs, c’est le public. C’est le but et c’est un processus qui doit être continuellement remis en question, mis en garde et renouvelé. »

Rendez-vous le 19 juin aux Bouffes du Nord !

Source: franceculture.fr

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